;Qui miel me suive ! Interview "un métier / une passion"
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Qui miel me suive !

Ca bourdonne à Taninges : telle une reine des abeilles, elle entremêle passion et exigence au quotidien. Notre « happy »-cultrice, Lise Tornier, nous fait découvrir sa passion le temps d’une interview.

Pouvez-vous nous parler de votre passion ? L.T: C’est une passion très récente que j’ai concrétisé il y a seulement 2 ans. Au début, je m’intéressais aux abeilles mais je ne voulais pas me lancer dans ce projet toute seule. En discutant avec mon copain, nous nous sommes rendu compte que l’on avait en commun l’envie d’avoir des ruches. Mon grand-père avait une quarantaine de ruches, je pense donc que je tiens ça de lui mais à l’époque j’étais trop petite pour qu’il m’apprenne. Je suis donc totalement autodidacte ! Le rucher est un système complexe, il faut passer beaucoup de temps à apprendre et lire afin de maîtriser la production du miel.

L’expérience est l’unique critère pour réellement comprendre le fonctionnement des abeilles. Ainsi pour m’améliorer, je passe des après-midi à les observer et j’ai quelques relations qui m’aident à mieux les appréhender. Avec mon copain, nous avons débuté l’aventure avec 2 ruches, puis avec l’effet de l’essaimage, nous avons agrandit notre colonie et un ami s’est joint à nous en achetant 2 autres ruches. Aujourd’hui, nous exploitons 9 ruches et nous avons récolté notre premier miel l’année dernière. Nous produisons un miel de montagne très parfumé à base de fleurs car l’été nous déplaçons nos ruches à 1200m d’altitude. Je suis fière du résultat, fruit d’une passion commune, qui nous a permis de récolter 20kg de miel. Avec cette quantité, nous avons confectionné une cinquantaine de petits pots artisanaux, que nous avons offerts à nos proches. Et comment ne pas dire que mon miel était extra (le meilleur même !). Ce que j’adore par-dessus tout à travers cette passion et le fait de pouvoir tout faire soi-même. Mes ruches sont artisanales 100% faites de mes mains, de leurs constructions en bois à la peinture biologique naturelle maison. Pour l’instant mes ruches sont jaunes et rouges, mais je peux vous dévoiler que les prochaines seront vertes et marrons.

Pourquoi aimez-vous l’apiculture ? L.T: C’est un véritable loisir, tu ne penses à rien d’autre quand tu es avec les abeilles. Notamment parce qu’il est nécessaire de rester très concentré et surtout très calme car cela peut devenir dangereux. Par exemple, il se peut, malgré la combinaison intégrale et les gants, qu’une abeille parvienne à se faufiler à l’intérieur ou nous pique à travers l’équipement. La première année, nous avions que 2 ruches donc l’activité n’était pas très forte. J’étais assez sereine sans combinaison à côté des ruches et je ne me suis pas fait piquer de la saison. Mais la 2ème année, avec le nombre plus important de ruches, cela s’est compliqué car la population était plus dense.  Et j’ai commencé à me faire piquer et plus tu te fais piquer, moins tu es zen quand tu vas voir les abeilles. Elles le ressentent et m’ont d’ailleurs piqué à plusieurs reprises ce qui m’a valu quelques gonflements du visage et des mains. Ces risques n’enlèvent rien à cette réelle passion, il faut seulement être totalement avec elles. Puis j’aime le fait d’être dans la nature, tout le temps à l’extérieur. J’aime cette transhumance, profiter de la montagne et m’occuper des essaims d’avril à juin, puis les remettre dans leurs ruchers près de chez moi de septembre à mai.

Arrivez-vous à concilier travail et passion ? L.T: Ce qui tombe mal, c’est que les périodes les plus chargées au travail sont également celles des abeilles. Mais il suffit simplement de s’organiser : je vais les voir tous les midis pendant cette période de rush, et le soir aussi. Le phénomène de l’essaimage des abeilles se produit souvent aux alentours de 11h, il faut donc être très réactif si tu ne veux pas perdre une de tes colonies d’abeilles. Donc oui j’y arrive en m’adaptant, mais heureusement je ne suis pas toute seule et à deux nous arrivons à nous organiser.

Quelles qualités sont indispensables pour cette passion ? L.T: Il faut être très calme, ordonnée (tout comme les abeilles !), respecter leurs organisations et s’adapter à leur vie. Il est primordiale de rester très serein par rapport aux ruches, et ce dans toutes les situations.

Pourquoi est-ce important d’avoir une passion ? L.T: Tout d’abord, parce qu’il est important de faire autre chose que le travail. Une passion permet de rencontrer d’autres personnes et de partager cette source de bonheur. C’est une fierté et tu aimes en parler, cela devient un sujet de conversation autre que celui du quotidien, du travail par exemple.

C’est également très intéressant d’échanger avec d’autres passionnés, et puis c’est prenant. L’année dernière, j’étais dans une association où il n’y avait que des novices. C’est super car on remarque que tout le monde a un peu les mêmes problèmes, les mêmes difficultés mais aussi les mêmes joies. Cette année je n’ai pas eu le temps de m’investir dans cette association mais j’ai créé des liens avec d’autres apiculteurs et on échange très régulièrement. La patience et l’expérience sont essentielles pour évoluer, plus on a d’amis qui ont de l’expérience dans ce domaine mieux c’est.


ZOOM SUR SON METIER

Lise Tornier a commencé à travailler chez MG depuis ses débuts, en mars 2007. Elle s’est formée auprès des équipes de Taninges et est expert-comptable depuis 2014.

« Cette première expérience chez MG m’a permis d’évoluer et de monter les échelons jusqu’au sommet par l’obtention de mon diplôme d’expert-comptable. Je suis partie d’un BEP comptabilité pour découvrir mon envie réelle de travailler dans ce domaine, et d’exceller au fur et à mesure des années. Aujourd’hui, je commence à être autonome, notamment lorsque je vais en permanence seule sur le bureau de Morzine où je peux gérer mon portefeuille clients. »

Témoignage: Un métier, une passion – Numéro 6 – Avril 2016

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